La force dans la faiblesse

par Anne-Marie Montgomery

Je me promenais au centre commercial avec deux de mes trois jeunes filles à la recherche d`un cadeau pour la Fête des Pères. Nous montions un escalier lorsque j`ai commencé à me sentir très faible : ma jambe droite ne semblait plus fonctionner. C`est avec beaucoup de mal que j`ai pu me rendre à la voiture avec l`aide des deux petites pour ensuite conduire l`auto jusqu`à chez nous. Au retour, j`ai demandé à mon mari de s`occuper des enfants et je me suis allongée.  Après quelques heures de repos, ma jambe allait mieux et j`ai pu reprendre mon activité normale.

Deux jours plus tard, j`ai subie une attaque de faiblesse plus aigüe. Cette fois, c`était tout mon côté droit qui tremblait.  Mon mari, qui craignait le pire, a insisté pour m`amener à l`urgence.

À notre grand soulagement, les médecins ont rapidement écarté la possibilité d`un accident cérébral. D`autres tests ont aussi éliminé la possibilité d`une tumeur au cerveau. Mais cela prendrait des années pour arriver à un diagnostic précis de la maladie qui venait ainsi transformer notre vécu en famille.

Une nouvelle realité quotidienne

Au cours d`une semaine, j`étais passée d`une vie normale à une vie pénible. Même la moindre des tâches quotidiennes m`épuisait. D`un jour à l`autre, je ne savais pas ce que me réservait mon corps : parfois, je pouvais marcher 500 mètres, parfois 10. Parfois, la douleur était légère, parfois elle était criante. Parfois, je pouvais porter mes enfants dans les bras, parfois, j`avais de la difficulté à tenir une cuillère.

Heureusement, ma famille a su s`adapter à cette nouvelle réalité. Les enfants ont tôt appris à préparer leurs déjeuners et dîners elles-mêmes. Elles ont accepté de tenir leurs chambres rangées et propres. Mon mari a accepté de s`occuper des grosse tâches ménagères. J`ai abandonné les repas complexes en faveur de repas demandant moins de 30 minutes de préparation.  Mes enfants ont appris à s`amuser tranquillement au salon avec des livres, des vidéos ou des cubes de construction pendant les multiples siestes de maman. Elles comprenaient que maman devait s`asseoir sur le banc au parc pour se reposer pendant qu`elles s`amusaient avec leurs amis. Et nous avions tous appris à vivre avec mon refrain constant : «Je ne puis faire cela aujourd`hui.»

Une de mes voisines, qui me voyait vivre cette situation au quotidien, me poserait la question suivante quelques années plus tard : «Anne-Marie, comment arrives-tu à vivre dans la joie dans ta situation ?»

Quelle belle question…

Je lui ai partagé que c`était Jésus qui me remplissait de sa joie et me soutenait quotidiennement. En effet, j`avais confié ma vie à Jésus à l`âge de 16 ans. C`était à cet âge que j`avais compris que Jésus, par amour pour moi, avait payé sur la croix la punition que je méritais pour mon péché, et qu`il m`invitait à me réconcilier avec lui. Depuis le jour que je l’avais invité à vivre en moi, j`étais venue à le connaître de plus en plus. Donc, lorsque je suis tombée malade, il m`était tout à fait naturel de me tourner vers lui. Cela ne veut pas dire que je n`ai pas eu mes moments de découragement, de doute ou de colère. Mais il était avec moi pendant tous ces moments.

Un point tournant

Je me rappelle encore une situation en particulier. Mon mari et moi étions en voyage à Whistler pour une conférence. Nous avions négligé d`apporter une chaise roulante avec nous, et il n`y en avait pas au village. Un après-midi, je tentais de me rendre à une session mais je n`arrivais pas à faire le parcours d`un trait. Je me suis donc assise sur un banc pour reprendre mes forces en envoyant mon mari devant moi. À son départ, j`ai commencé à me prendre en pitié et à me plaindre. Une hirondelle volait juste au-dessus de ma tête et je me suis dit:  «J`aimerais tant être libre comme cet oiseau, plutôt qu’emprisonnée dans ce corps si limité.»  L`oiseau a choisi ce moment pour atterrir à mes pieds sur une seule patte. Cela a attiré mon attention. Imaginez mon étonnement quand il a commencé à sautiller ! Il était blessée de l`autre patte ! Comme moi, il était infirme !

Le Seigneur semblait me chuchoter au cœur : «Anne-Marie, tu as tendance à marcher d`une façon toute humaine et cela t`épuise : moi, je veux t`apprendre à voler. C`est pour cela que je permets cette faiblesse dans ta vie.»

Cette expérience fut un point tournant pour moi. Désormais, j`avais l`assurance que Dieu avait une raison pour cette maladie. Il voulait m`apprendre à me fier constamment à sa puissance et à ses ressources plutôt qu`aux miennes. Comme l`apôtre Paul l`a appris face à sa faiblesse, Dieu m`enseignait une grande leçon, décrite en 2 Corinthiens 12.9 : «Ma grâce est tout ce dont tu as besoin, car ma puissance manifeste pleinement ses effets quand tu es faible.»

Ou puiser la force?

Voyez-vous, lorsque j`étais forte, j`étais moins consciente de mon besoin de Dieu. Mais faible, je voyais tout de suite la différence lorsque je cessais de puiser ma force en Dieu, car je devenais épuisée et découragée, et la vie devenait lourde à supporter. J’ai découvert qu’il était la vraie source de joie, de paix et de vie.

Lorsque j`étais forte, je pouvais faire ce que je voulais. Mais faible, je découvrais que Dieu ne me donnait la force que pour faire ce qu`il voulait, et que je devais apprendre à vivre à l`écoute de sa voix, en me limitant à faire sa volonté.  L’accent est passé de ce que je pouvais faire à ce qu’il voulait et pouvait faire en moi.

Lorsque j`étais forte, je pouvais vivre des jours sans sa compagnie sans même m`en apercevoir. Mais faible, je ne pouvais rien faire sans lui. Il est donc devenu le compagnon constant qui m`aidait à sortir du lit, à prendre une douche, à préparer un repas, à prendre soin des enfants, à aimer mon mari. J`ai appris à tout faire avec lui et pour lui. La vie chrétienne est devenue pour moi une marche intime et constante avec le Dieu qui me fortifie.

C`est ainsi que ma faiblesse m`a rendue forte. Au cours des années, j`ai appris à voler de ses ailes : à me fier aux ressources de Dieu plutôt qu`aux miennes et à suivre sa volonté. C`est cette union constante avec lui qu`il veut que nous vivions tous.  Nous sommes tous faibles de différentes façons, et cette faiblesse est un rappel constant pour chacun de nous de notre besoin incessant de Dieu.

Sept ans après l`éruption des premiers symptômes, j`ai découvert que je souffrais de la maladie céliaque. Un régime sans gluten me permet de vivre aujourd`hui avec beaucoup plus d`énergie. Mais la leçon reste gravée dans mon cœur : ne vis pas par tes propres efforts, quand ce que Dieu veut pour toi, c`est de découvrir la grande joie qui vient d`une vie unie à lui et dirigée par son Esprit. Vole de ses ailes, ne sautille pas sur une patte. Car lorsqu’on vole, l’infirmité ne compte pour rien… Il le dit si bien en Ésaïe 40. 29 et 31 : «Il donne de la force à qui est las et il augmente la vigueur de celui qui est fatigué… Ceux qui comptent sur le Seigneur renouvellent leur force : ils prennent leur envol comme de jeunes aigles…»

Peut-être n’as-tu pas encore découvert la joie qui vient d’une vie ainsi unie à Jésus-Christ. Peut-être aimerais-tu réfléchir à l’invitation qu’il te lance. Si oui, je t’invite à lire cet article qui explique comment nous pouvons entrer en relation vivante avec Dieu grâce à Jésus-Christ.

Faites l’expérience du vrai amour et du pardon

 

Anne-Marie et son mari Robert sont tous les deux équipiers de Campus pour le Christ au Québec, où ils sont conférenciers pour des rencontres de couples. Ils oeuvrent présentement avec un ministère auprès des dirigeants du gouvernement et des membres du corps diplomatique à Ottawa. Ils sont parents de trois filles adolescentes. Anne-Marie aime le camping, le patin, le ski de fond, les randonnées pédestres. Elle aime aussi jouer du piano et étudier la Bible dans ses langues d'origine.

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